Qui est Claudia Procula ? Quel est son rôle auprès de Pilate ? Pourquoi est-elle si importante ?

En 1962, le bon vieux Jean Marais tient le rôle principal du film Ponce Pilate. Sa femme vient l’avertir qu’elle a fait un songe concernant Jésus de Nazareth et qu’il ne doit pas se mêler à cette affaire.
La femme de Pilate… sujet de notre éclairage aujourd’hui !
Jésus a été arrêté par les autorités juives au Mont des Oliviers. Après un simulacre de procès, ils l’emmènent chez Ponce Pilate, le gouverneur romain — car lui seul a la possibilité de le condamner à mort.
Quant à Jésus, il se tint debout devant le gouverneur et le gouverneur l’interrogea disant :
— Tu es le roi des Juifs ?
Jésus lui dit :
— C'est toi qui le dis.
Et tandis qu’il était accusé par les princes des prêtres et les anciens, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit :
— Est-ce que tu n’entends pas combien de témoignages ils portent contre toi ?
Et il ne lui répondit pas à un seul mot, si bien que le gouverneur s’étonna à l’extrême.
À chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher au peuple un prisonnier, celui qu’ils voulaient.Il avait alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. Comme ils étaient rassemblés, Pilate leur dit :
— Lequel voulez-vous que je vous relâche ? Barabbas ou Jésus qui est dit christ ?
Il savait que c’était par jalousie qu’ils l’avaient livré.
Or, tandis qu’il était assis sur la tribune, sa femme lui envoya dire :
— Rien entre toi et ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en vision à cause de lui.
Mais les princes des prêtres et les anciens persuadèrent le peuple de réclamer Barabbas et de faire supprimer Jésus. Répondant encore, le gouverneur leur dit :
— Lequel des deux voulez-vous voir relâcher ?
Mais eux dirent :
— Barabbas.
Pilate leur dit :
— Que ferai-je donc de Jésus qui est appelé christ ?
Tous disent :
— Qu’il soit crucifié !
Le gouverneur leur rétorqua :
— Qu’a-t-il donc fait de mal ?
Eux de plus belle criaient en disant :
— Qu’il soit crucifié !
Alors Pilate, quand il vit que cela ne sert à rien mais augmente le tumulte, prenant de l’eau, se lava les mains en présence du peuple disant :
— Je suis innocent du sang de ce juste. À vous de voir.
Répondant tout le peuple dit :
— Son sang, sur nous et sur nos enfants !
Alors il leur libéra Barabbas.
Quant à Jésus, une fois flagellé, il le leur livra pour qu’il fût crucifié.
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L’ambiance est tendue.
Pharisiens et grands prêtres cherchent à faire mourir Jésus : ils l’accusent de blasphémer en se prétendant fils de Dieu (Mt 26, 63-66).
Mais les autorités juives n’ont pas le pouvoir de condamner à mort. On emmène donc Jésus devant Pilate, le gouverneur romain de Judée — car lui seul a le pouvoir de condamner à mort un condamné.
Ponce Pilate se retrouve dans une situation délicate, car il est confronté à de nombreuses révoltes. Il se retrouve donc face à un dilemme :

C’est là qu’intervient la principale intéressée de notre numéro d’aujourd’hui : la femme de Pilate (dans le tableau ci-dessus, elle est représentée avec un voile blanc sur la tête, juste à côté de Pilate qui se lave les mains).
« Or, tandis qu’il était assis sur la tribune, sa femme lui envoya dire : "Rien entre toi et ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en vision à cause de lui." » (Mt 27, 19)
Ce court verset nous apprend 3 choses sur cette femme :
Le songe est l’élément déclencheur de ce passage. On parle aussi de « vision » dans d’autres traductions. Mais une vision de quoi ? Une préfiguration de Jésus qui meurt sur la croix ? Une expérience des souffrances du Christ ? L’a-t-elle vu souffrir ? Le texte ne le dit pas, mystère…

À vrai dire, la femme de Pilate est vraiment un personnage archi-secondaire !
Bref, a priori, la femme de Pilate n’est vraiment pas importante. Et pourtant (comme dit Aznavour), elle est essentielle ! En effet, son intervention est très courageuse et inattendue… car elle est romaine — donc païenne et non-juive !
Au passage, remarquons qu’elle appelle Jésus « ce juste ». Cet indice est loin d'être anodin :

Cet épisode du songe de la femme de Pilate montre que Dieu ne s’adresse pas uniquement au peuple d’Israël. Au contraire, il se manifeste ici à une païenne romaine — qui essaye ensuite de sauver Jésus de la mort.
On peut ainsi faire un parallèle entre :
Finalement, la femme de Pilate est un personnage maxi-secondaire de l’évangile de Matthieu… dont l’intervention anecdotique est hautement symbolique. Elle, la romaine qui ne connaît pas le Dieu d'Israël, est la seule personne qui ose dire à Pilate que Jésus est innocent et qu’il ne mérite pas la mort.

En 1846, Charlotte Brontë compose un poème dans lequel la femme de Pilate décrit son rêve qui préfigure la mort du Christ :
« Je vois tout, je connais le signe sombre...
Une croix sur le Calvaire, que les Juifs arrachent
Tandis que les Romains veillent ; et quand l'aube brillera
Pilate, pour juger la victime, apparaîtra...
Prononcera la sentence, le livrera à la crucifixion ;
Et c'est sur cette croix que doit mourir le Christ sans tache. »
Charlotte Brontë (1816-1855), « Le songe de la femme de Pilate », 1846

Pendant le procès de Jésus, la femme de Pilate intervient en envoyant un message urgent à son mari : « Rien entre toi et ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en vision à cause de lui » (Mt 27,19). Son intervention survient en pleine séance du tribunal, alors que Pilate hésite à condamner Jésus malgré la pression de la foule et des autorités religieuses.
Le songe de la femme de Pilate joue un rôle décisif car il pousse Pilate à tenter — timidement — de relâcher Jésus. Cette vision souligne surtout l’innocence du Christ au cœur même de son procès. Le texte reste mystérieux sur le contenu exact du rêve, mais il présente cette femme païenne comme quelqu’un qui perçoit la gravité spirituelle de ce qui est en train de se produire.
En appelant Jésus « ce juste », la femme de Pilate affirme publiquement qu’il est innocent. Mais dans la Bible, le mot « juste » a aussi une portée théologique très forte : il désigne les personnes proches de Dieu, comme Noé ou Abraham. Son intervention prend donc une dimension presque prophétique au moment où Jésus est injustement condamné.
La femme de Pilate n’apparaît qu’une seule fois dans un seul verset de l’Évangile de Matthieu, et pourtant son rôle est essentiel. Romaine et païenne, elle est la seule personne à intervenir publiquement pour défendre Jésus pendant son procès. Son courage contraste avec l’abandon des disciples et souligne que même hors du peuple d’Israël, certains reconnaissent l’innocence du Christ.