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Que représente le tableau « Caïn » de Fernand Cormon ?
Détail du tableau Caïn de Fernand Cormon : un groupe préhistorique en marche dans le désert

Que représente ce tableau ?

Un groupe d’une quinzaine de personnes, pieds nus. Ils marchent tous dans la même direction et s’en vont vers la droite, guidés par un vieil homme en tête de cortège dont la main gauche trace comme une flèche.

Le décor est très sobre et s’articule autour de deux couleurs :

  • Les tons bleu clair du ciel barré par de longs nuages blancs, qui couvrent la partie supérieure de la toile.
  • Les tons bruns et gris de la terre, des peaux, du bois, des poils et des ombres qui couvrent la partie inférieure de la toile.

Il est presque impossible de situer géographiquement la scène : aucun élément ne se détache, si ce n’est le désert de sable et de poussière, terne et inhospitalier. À l’arrière-plan, sur la droite, on distingue vaguement une barre rocheuse, au loin.

D’intuition, on peut rattacher cette scène à l’époque préhistorique : les vêtements en peaux de bête, les silex accrochés aux hanches des deux personnages à l’avant, les chevelures hirsutes, un brancard sans roue et deux chiens-loups qui ferment la marche.

Détail du tableau Caïn de Fernand Cormon : personnages tête basse, la mine défaite

Quelles émotions ressent-on en regardant cette toile ?

Euh… un mélange de désolation, de tourment, de souffrance et de tristesse. En effet, presque tous les personnages ont la tête basse, le regard sombre, la mine défaite. Surtout, personne ne parle. Tous ont la bouche fermée.

On peut interpréter cette scène comme une marche silencieuse et pesante. Est-ce une marche funèbre ? Un exil forcé ? Un convoi en fuite, harassé par les kilomètres ?

Caïn de Fernand Cormon (1880), musée d'Orsay : une famille préhistorique en exil dans le désert

À quoi ce tableau fait-il référence ?

On continue le jeu de la devinette sans vous donner le titre de l'œuvre. Pour vous aider un peu, donnons quelques indices.

Premier indice : niveau zéro. Étant donné que notre ligne édito est centrée sur le lien intime et lumineux entre les Écritures et notre culture… si on a retenu ce tableau, c’est qu’il s’agit sans doute de la représentation d’un épisode inspiré de la Bible. Bien joué, Sherlock.

Deuxième indice : pour faire avancer le schmilblick. Il s’agit d’une scène de l’Ancien Testament, et plus spécialement du Livre de la Genèse. Le peintre a pris le parti de supprimer tous les indices évidents. Résultat : une sorte de scène « historique », laïque et universelle (on y reviendra).

Troisième indice : allez, on lève le voile. En fait, tous les éléments traditionnels du personnage-clé sont absents. D’habitude, on représente plutôt :

  • Un homme qui apporte de la viande et un autre des fruits ou légumes.
  • Un décor sobre avec un feu qui crépite et qui fume, indice du sacrifice en cours.
  • Un homme avec une arme à la main et un autre étendu au sol dans une flaque de sang.
  • Un homme qui se tient le visage dans les mains, le regard tourné vers le sol.
Photographie du peintre Fernand Cormon vers 1915
Anonyme, Fernand Cormon (vers 1915, photographie), Bibliothèque du Congrès, Washington (États-Unis). Domaine public.

Alors ?

Fernand Cormon (1845-1924), Caïn (1880, huile sur toile, 400 x 700 cm), musée d’Orsay, Paris (France). Domaine public.

Voilà la ref exacte et le titre de l'œuvre que vous venez d’apprendre à regarder.

Pour achever ce petit jeu et avant de lire l’extrait biblique correspondant, on vous propose de contempler trois autres œuvres qui s’inspirent du même thème et de la même scène… pour mieux relever la spécificité de l'œuvre de Cormon (au Nord, c’étaient les Cormon).

Caïn tuant Abel, Pierre Paul Rubens, vers 1608
Pierre Paul Rubens (1577-1640), Caïn tuant Abel (vers 1608, huile sur toile, 131 x 165 cm), The Courtauld Gallery, Londres (Royaume-Uni). Domaine public.
La Mort d'Abel, Michiel Coxcie, musée du Prado
Michiel Coxcie (1499-1592), La Mort d’Abel (après 1539, huile sur toile, 151 x 125 cm), musée du Prado, Madrid (Espagne). Domaine public.
Statue Caïn venant de tuer son frère Abel, Henri Vidal, jardin des Tuileries
Henri Vidal (1864-1918), Caïn venant de tuer son frère Abel (1896, statue en marbre, 195 x 90 x 120 cm), jardin des Tuileries, Paris (France). Domaine public.

Et maintenant place au texte.

Pourquoi le tableau de Cormon est-il griffé du titre « Caïn » ?

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Questions Fréquentes

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C'est eux qui le disent

C'est eux

qui le disent

merci

pour les textes, les images, la qualité de ce que vous faites… Continuez car vous êtes rares et ça fait du bien !

Cécile, janvier 2022

indispensable

pour ceux qui aiment apprendre en s'amusant.

Marc- Antoine, avril 2022

plaisir

de vous lire à chaque fois. C'est un pur bonheur de vous retrouver chaque semaine.

Angèle, juin 2022

édifiant

l'histoire de Suzanne et les vieillards. Merci !

Sébastien, octobre 2022

merveilleux

et précieux travail. Vos podcasts sont extraordinaires

Angela, décembre 2022

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c'est ce que vous êtes.

Imelda, janvier 2023

claque

que je me suis prise.

Hortense, février 2023

simple

mais très documenté et très intelligent.

Pablo, février 2023

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