Qui est Melchisédek dans la Bible ? Pourquoi est-il si important ? Quel est son lien avec Jésus ?

Le saviez-vous ? Au-delà de 75cl, on ne parle plus une « bouteille » de vin ! On marmonne des prénoms obscurs, poussiéreux... et surtout bibliques : Jéroboam (3L), Mathusalem (6L), etc…
Pour l’anecdote, l’idée de donner des noms de personnages bibliques à des bouteilles serait une invention des Champenois à la fin du XIXe siècle.
Alors spécialement pour vous, on a explosé le budget :
🍾 30L de champagne.
🍾🍾 Soit l’équivalent de 40 bouteilles.
🍾🍾🍾 Soit l’équivalent de 300 flûtes.
Du haut de ses 110 cm de charisme, voici Melchisédek, le plus grand format de bouteille jamais créé !
On en profite pour saluer tous nos lecteurs amateurs de vin et spiritueux, de fût de chêne T5 ou tout simplement de Bourgogne aligoté.
Aujourd’hui, vous l’avez compris, on vous propose de découvrir l’histoire de Mélchisédek, le personnage qui a donné son nom au plus grand flaconnage du monde !
La figure de Mélchisédek jouit d’une immense postérité. Pourtant, dans les récits bibliques, c’est un maxi poids-plume ! Son histoire est racontée en seulement… trois petits versets.
Mélchisédek, roi de Shalem, fit apporter du pain et du vin car il était prêtre du Dieu très-haut.
Et le bénit en disant :
— Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé les cieux et la terre ! Et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains !
Et il lui donna la dîme de tout.

La rencontre entre Mélchisédek et Abraham est racontée au chapitre 14 du Livre de la Genèse. Petit récap express pour situer l’épisode :
Mélchisédek fait littéralement irruption en plein milieu d’un dialogue entre Abram et le roi de Sodome… out of the blue. Son surgissement inattendu et son départ juste ensuite rend d’ailleurs le personnage d’autant plus mystérieux.
On vous laisse aller lire les chapitre 12 à 14 de la Genèse. Et nous, on continue.
Petite remarque en guise d'introduction : il existe plusieurs orthographes possibles. Vous pourrez donc tomber sur les versions « Mélchisédech », « Mélkisédek » ou encore « Mélchisédek » ou « Melkisedeq ». Peu importe, on parle bien du même bonhomme (qui n'est pas en neige).

Maintenant qu’on a situé le passage, venons-en à notre bonhomme. Qui es-tu, Melki ? En fait, on dispose d’assez peu d’éléments pour constituer son portrait-robot… Mais comme dit Sherlock Holmes, « rien n’est petit pour un grand esprit ! »
Donc Mélchisédek = Roi + Justice + Paix + Prêtre… en fin de compte ça fait beaucoup d’infos et de détails pour décrire le bonhomme.

Mélchisédek est un personnage qui a de la bouteille… mais après quelques gargarismes, vous êtes peut-être surpris par les notes familières qu’il vous laisse… Son geste ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ?
« Mélchisédek, roi de Shalem, fit apporter du pain et du vin car il était prêtre du Dieu très-haut. » (Gn 14, 18)
Comme un air de déjà-vu :
« Cela devient encore plus évident si, à la ressemblance de Melchisédech, se lève un autre prêtre qui l'est devenu, non selon la loi d'une prescription charnelle mais selon la puissance d’une vie indestructible. Il est en effet attesté :
— Tu es prêtre pour l'éternité selon l’ordre de Mélchisédek. » (Hb 7, 15-16)
Mélchisédek devient une figure décisive pour l'auteur de la lettre aux Hébreux : il prouve que le sacerdoce ne repose pas seulement sur une filiation biologique, comme celui d’Aaron et des Lévites. Le Christ est prêtre autrement : non par sa descendance, mais par l'élection de Dieu.
Il appartient à un ordre plus ancien et plus fondamental, celui de Mélchisédek.

« Mélchisédek le bénit en disant : "Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé les cieux et la terre ! Et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains." » (Gn 14, 19-20)
Le cœur de cet extrait, c’est la bénédiction de Mélchisédek (un roi étranger) sur Abraham (le père du peuple d’Israël). En fait, il s'agit de l’accomplissement de la promesse de Dieu faite à Abram quelques chapitre plus tôt :
« Je bénirai ceux qui te bénissent, et celui qui te maudit je maudirai ; et en toi seront bénies toutes les tribus de la terre. » (Gn 12, 3)
Mais vous vous étonnez peut-être que Mélchisédek bénisse Abram avant Dieu… C’est là qu’intervient le chameau !
La racine sémitique de bénédiction, “berakhah” vient de l’observation du chameau qui « baraque » (oui ce mot existe), c’est-à-dire qui s’agenouille pour se mettre au niveau de l’homme, afin que celui-ci puisse facilement monter. C’est exactement ce qu’il se passe ici : la bénédiction d’Abraham le fait monter à Dieu !
Pour les chrétiens, Mélchisédek préfigure la mission du Christ sur terre :
Champagne ?

Tout ça pour dire… Mélchisédek est une cuvée de caractère !
Son passage éclair est un précieux témoignage au cœur de l’histoire d’Abraham :

Pour conclure, on a décidé de vous proposer un petit aphorisme d’humour juif !
« Lévi Yitzahk de Berditchev prend son bâton de pèlerin et s’en va collecter un peu d’argent pour une jeune fille pauvre à la veille de se marier.
“Félicitez la mariée de ma part et que Dieu vous aide !” lui dit un richard.
Le rabbi répondit : “La Bible nous raconte que le roi Mélchisédek apporta du pain et du vin et puis bénit…”. Vous aussi, il faut d’abord donner, ensuite seulement présenter vos félicitations.” »
Victor Malka, Petites étincelles de sagesse juive, Albin Michel, 2005, p. 145

Mélchisédek est un personnage de l’Ancien Testament mentionné dans le Livre de la Genèse (Gn 14, 18-20) et repris dans le Psaume 110. Il est présenté comme roi de Salem et prêtre du Dieu Très-Haut. Il rencontre Abraham après une bataille, lui offre du pain et du vin, le bénit, puis disparaît du récit aussi mystérieusement qu’il est apparu.
Le nom Mélchisédek vient de l’hébreu « Melekh » (roi) et « Tsedeq » (justice). Il signifie donc « roi de justice ». Comme il est roi de Shalem (lié à « shalom », la paix, et probablement à Jérusalem), il est aussi compris comme « roi de paix ». Super prénom pour un garçon non ?
Dans le Nouveau Testament, notamment dans la Lettre aux Hébreux (chapitre 7), Mélchisédek est présenté comme une figure annonçant le Christ. Jésus est dit « prêtre pour l’éternité selon l’ordre de Mélchisédek ». Cela signifie que son sacerdoce ne repose pas sur la descendance lévitique, mais sur une vocation divine directe.
Dans le contexte immédiat, il s’agit probablement d’un geste d’hospitalité envers Abraham. Mais dans la tradition chrétienne, le pain et le vin sont interprétés comme une préfiguration de l’eucharistie, c’est-à-dire du corps et du sang du Christ.