Un prophète ou un sage, qui est Jésus pour les philosophes ?

Comment les philosophes et les pères de l'Eglise décrivent-ils Jésus ? Est-il un sage, un prophète, le fils de Dieu ou un simple personnage historique ?

2 minutes et 59 secondes avec Lauridsen, Spinoza, Grégoire de Naziance et Victor Hugo
Dernière mise à jour -  
27/11/2020

Une chanson douce pour une douce nuit de Noël

Noël est un temps de grâce que certaines œuvres puissantes savent capter. Écoutons Morten Lauridsen, compositeur américain contemporain : son O magnum mysterium accompagnera à merveille la lecture de cette lettre.

Voici la traduction du poème liturgique médiéval qu'il met en musique :

« O grand mystère et admirable sacrement : des animaux voient leur Seigneur nouveau-né couché dans une mangeoire ! Heureuse Vierge, dont le sein a mérité de porter le Christ Seigneur. Alléluia ! »

Le texte biblique qui raconte la naissance de Jésus

Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu.

Mais à tous ceux qui l’ont reçu il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu :

à ceux qui croient en son nom

qui non des sangs

ni d’un vouloir de chair

ni d’un vouloir d’homme

mais de Dieu sont engendrés.

Et le Verbe s’est fait chair — et il a habité parmi nous

et nous avons vu sa gloire — gloire comme fils unique du Père, plein de grâce et de vérité.

Chapitre 1, versets 11-14 de l'Évangile selon saint Jean dans le Nouveau Testament. Traduit par les équipes de notre programme de recherches La Bible en ses traditions

L'éclairage

vierge enfant nu roseraie feuilles rose tunique bleue rouge Bernardino Luini
Bernardino Luini (1482-1532), La Vierge de la roseraie (premier quart du XVIe siècle), Pinacothèque de Brera, Milan, Italie

Qui est Jésus pour les philosophes ?

Voici une question décisive dans l’histoire des hommes : qui est l'enfant né dans la mangeoire de Bethléem ? Était-il un grand homme, un sage, un génie ou Dieu fait homme ? Saint Jean, dans son évangile, nous dit que c'était carrément le Verbe, en grec le « Logos » : l'intelligence ou le langage de Dieu lui-même !

Les plus grands penseurs n’ont cessé de poser cette question.

Par exemple, selon Baruch Spinoza, célébrissime philosophe juif du XVIIème siècle (saviez-vous que son prénom se traduit « Benoît » ?) :

  • « Nous pouvons dire que la Sagesse de Dieu, c’est-à-dire une sagesse surhumaine, s’est incarnée dans le Christ. »

Cependant, en bon rationaliste, il ajoute :

  • « Quand certaines Églises ajoutent que Dieu a pris une forme humaine, j’ai expressément averti que je ne sais pas ce qu’elles veulent dire ; et même à dire vrai, affirmer cela ne me paraît pas moins absurde que de dire que le cercle a pris la forme d’un carré. »
vierge enfant jésus nu voile tunique rouge bleue Pittoni
Giambattista Pittoni (1687-1767), Madonne et l'enfant avec deux anges (2ème quart du XVIIIe siècle), Musée national Varsovie

Jésus, un morceau de viande ?

Voilà la pierre d’achoppement : comment le Dieu unique et transcendant, pur Esprit, peut-il prendre une « chair » (l'Évangile dit carrément sarx, « viande ») ?

C'est la révolution du jour de Noël : Dieu se fait homme, l'un de nous, pour que nous le recevions et devenions « enfants de Dieu » ! Il y a de quoi affoler la raison humaine, voire la repousser...

Un lumineux paradoxe pour les pères de l'Église

Jésus descente de la Colombe lumière personnes rouge et bleu Piero di Cosimo
Piero di Cosimo (1462-1522), L'Incarnation du Christ (entre 1485 et 1505), Musée des Offices, Florence, Italie.

Au IVème siècle, le débat sur l'Incarnation agitait l’Église. Trois grands théologiens apportèrent la plus belle réponse. Ils vivaient en Cappadoce (en Turquie actuelle) où ils s’étaient fait moines dans la ville. Là, ils prêchaient, fondaient des écoles et des hôpitaux et méditaient cette impensable merveille.
Grégoire de Naziance est l’un de ces trois Pères. Voici ce qu’il dit :

« Moi aussi je proclamerai la grandeur de cette journée :
l’Immatériel s’incarne,
le Verbe se fait chair,
l’Invisible se fait voir,
l’Impalpable peut être touché,
l’Intemporel commence,
le Fils de Dieu devient le Fils de l’homme :
c’est Jésus-Christ, toujours le même,
hier, aujourd’hui et dans les siècles […].
Révère la Nativité qui te délivre des liens du mal.
Honore cette petite Bethléem qui te rend le paradis.
Vénère cette crèche, grâce à elle, toi privé de sens (de logos), tu es nourri par le Sens divin, le Logos divin lui-même. »

Grégoire de Naziance, Discours 38, Pour la Noël (cf. PG 36, 664-665)

Le mot de la fin

« Quand vers Pâque ou Noël, l'église, aux nuits tombantes,

S'emplit de pas confus et de cires flambantes... »

Victor Hugo, « Date Lilia », Les chants du crépuscule, 1835

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