Quel est le statut de l’homme et de la femme dans la genèse ?

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Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme (Gn, 1, 27)

Un des lecteurs de PRIXM nous a envoyé : « Il n’est fait aucune différence de statut entre l’homme et la femme dans ce passage de l’Ancien Testament. Pourtant, plus loin dans la Bible la femme est issue de l’homme, ce qui ne lui confère plus qu’un statut de second niveau… Comment l’expliquer ? » 🤔 

Lucas Cranach the Elder (1472-1553), Adam et Ève dans le jardin d’Eden (huile sur bois, 1531),
Lutherstadt Wittenberg, Allemagne.

La Genèse propose en effet deux « récits de la création » de l’homme et de la femme. Pour les lire, il faut comprendre que ce sont des petits « mythes », non pas au sens de fictions farfelues et mythologiques, mais au sens d’histoires symboliques très profondes, s’efforçant de trouver le sens de l’existence humaine telle que nous l’expérimentons, avec ses joies (par exemple l’agriculture, ou la sexualité, ou la joie d’accueillir un enfant) et ses peines (par exemple le dur labeur nécessaire pour cultiver la terre ou gagner sa vie, les dysharmonies entre les sexes, ou la peine de l’enfantement). C’est en « racontant » des histoires, sous l’inspiration du Saint Esprit, que les scribes juifs antiques faisaient de la théologie. Et souvent en y mettant beaucoup d’humour !

Dans le cas des deux récits de création du genre humain, l’accent n’est peut-être pas entièrement sur la lutte des sexes ni sur la réponse à apporter à la question « qui domine qui ? ».

  1. Le premier récit (Genèse 1,1-31) souligne l’unité de l’humain :
    Au-delà de la distinction et l’égalité des deux sexes et peut-être aussi, dialectiquement, l’absolu que représente la complémentarité des sexes, apparemment visée par l’expression « à son image ». C’est en tant que mâle et femelle que l’homme est image de Dieu : peut-être parce que c’est en se servant de l’union des sexes que Dieu crée de nouvelles petites images de Lui-même !
  2. Le second récit (Genèse 2,4-25)  met plus l’accent sur la différence sexuée mais en inversant la logique courante et évidente dans laquelle nous sommes tous plongés :
    Nous venons tous d’un corps féminin, celui de notre mère qui nous a abrités et fait venir au jour (le primat de la femme sur l’homme est fort dans le judaïsme d’où nous vient ce texte, il y a un certain matriarcat du fait qu’on est juif, du fait qu’on est né d’une mère juive).
    Ici le corps d’Ève vient du corps d’Adam, comme pour suggérer qu’au-delà des lois de la génération biologique à échelle animale, l’homme est le fruit d’une génération transcendante, divine, selon l’ « image » dont il est question dans le premier récit ! Et aussi, c’est ironique, que pour faire un homme il suffit à Dieu de prendre la poussière de la terre, mais pour faire une femme, il faut la matière bien plus précieuse qu’est la chair d’Adam !

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