Qui sont les personnages qui entourent Jésus à sa mort ? Que se passe-t-il après sa résurrection ? Fra Angelico est-il fidèle au texte biblique ?
Dans sa chanson If That Isn't Love, le King Elvis Presley parle de Jésus sur la croix :
Was the lonely hill of Golgotha / There to lay down His life for me / And if that isn't love
Sur la colline solitaire du Golgotha / Il est là pour donner sa vie pour moi / Si ça ce n’est pas de l’amour !
L’épisode de la crucifixion est l’une des scènes les plus représentées dans l’histoire de l’art... Mais aujourd’hui on va s’intéresser à ce qu’il se passe juste après, lorsque Jésus est descendu de la croix. Et on va parler peinture !
Après avoir été condamné à mort par Ponce Pilate, Jésus est crucifié sur le mont Golgotha.
Comme c’était la Préparation de la Pâque, les Juifs, pour que les corps ne restassent pas sur la croix pendant le sabbat (c’était en effet le grand jour ce sabbat), demandèrent à Pilate que fussent brisées leurs jambes et qu’ils fussent enlevés.
Les soldats vinrent donc et ils brisèrent les jambes du premier puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui. Mais, étant venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes mais l’un des soldats de sa lance lui perça le côté et aussitôt sortit du sang et de l’eau.
Et celui qui a vu a rendu témoignage et il est véridique, son témoignage. Et celui-là sait qu’il dit vrai, pour que vous aussi vous croyiez. Car cela est arrivé afin que l’Écriture s’accomplît : « Aucun os ne lui sera cassé. » Et encore une autre Écriture dit : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé. »
Après cela, Joseph d’Arimathie, étant disciple de Jésus (mais en secret par crainte des Juifs), demanda à Pilate d’enlever le corps de Jésus et Pilate le permit : il vint donc et enleva le corps de Jésus.
Or Nicodème aussi vint, lui qui était venu à Jésus de nuit, au début apportant un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de bandelettes avec les aromates comme c’est la coutume d’ensevelir pour les Juifs.
Or, au lieu où il fut crucifié, il y avait un jardin et dans le jardin un sépulcre neuf où personne n’avait encore été mis. C’est donc là, à cause de la Préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche, qu’ils déposèrent Jésus.

Aujourd'hui on vous propose un éclairage centré sur le tableau ci-dessus, peint par un certain Guido di Pietro, homme d'Église, religieux dominicain... plus communément appelé « le peintre des anges » ... bref, Fra Angelico.
On va donc analyser quelques détails et se poser 4 grandes questions :

Contexte : Jésus est mort. Ses disciples viennent décrocher son corps en haut de la croix afin d’accomplir les rites de la coutume juive : le corps va être parfumé d’aromates, enveloppé de linges et déposé dans un tombeau.
On peut reconnaître plusieurs femmes dans cette toile de Fra Angelico.
Ces cinq personnages féminins sont donc assez reconnaissables et attirent le regard par leurs postures et leurs auréoles brillantes.

Cinq hommes s'activent pour descendre de la croix le corps de Jésus. Trois d’entre eux se distinguent tout particulièrement... avec chacun une auréole autour de la tête. On avoue que pour les deux premiers nommés, rien ne permet résolument de les distinguer :
Mais où sont passés les autres apôtres du Christ ? Aucun ne semble être présent, excepté Jean.
Ici, Fra Angelico est fidèle aux évangiles. Jean (alias « le disciple bien-aimé ») est bel et bien le seul apôtre présent au pied de la croix. Tous les autres ont eu peur et ont fui, abandonnant Jésus.
« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie [femme] de Cléophas et Marie la Magdaléenne.
Jésus donc, ayant vu sa mère et se tenant là le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
— Femme, voici ton fils. » (Jn 19, 25-26)

On peut le remarquer au premier coup d’œil, il y a deux groupes bien distincts dans ce tableau : les femmes (à gauche) et les hommes (à droite). En fait, on peut interpréter ce tableau comme une sorte de frise chronologique des derniers instants de Jésus :

Pour conclure, disons un mot du paysage général de la toile. L’atmosphère dramatique donne à voir la souffrance du Christ. Le sang qui coule au bas de la croix en témoigne, ainsi que le rouge des vêtements de plusieurs personnages et le rouge des maisons de la ville de Jérusalem, à l'arrière-plan. Ce rouge symbolise le sang, la souffrance et la mort.
« Au lieu où il fut crucifié, il y avait un jardin et dans le jardin un sépulcre neuf où personne n’avait encore été mis. C’est donc là, parce que le sépulcre était proche, qu’ils déposèrent Jésus. » (Jn 19, 41-42)
Pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce tableau est assez gai.Les couleurs sont chaudes, vives et variées. La scène se passe en plein jour dans un jardin, la végétation est abondante, l’herbe est tendre, les fleurs ont éclos. En fait, cette scène respire la vie. Que suggère donc l’artiste ? Pourquoi cette superposition de la mort et de la vie sur cette toile ?
En fait, Fra Angelico représente cette scène de manière théologique. Pour le chrétien qu’il est, Jésus est mort sur la croix pour sauver l’humanité et donner la vie éternelle. La mort de Jésus est donc interprétée comme une « renaissance »... que Fra Angelico symbolise ici par le printemps, saison où tout renaît.

On termine avec une courte citation du richement prénommé Joris-Karl Huysmans à propos de Fra Angelico (qui était non seulement peintre de génie, mais aussi et surtout moine dominicain). Pour l’écrivain français, l’œuvre de l’artiste italien transcende le simple acte de peindre :
« [La peinture de Fra Angelico], c’est l’âme d’un extraordinaire moine, d’un saint que nous voyons dans cette glace colorée où elle s’épand sur des créatures peintes. »
Joris-Karl Huysmans (1848-1907), texte publié en 1895 dans la revue allemande Pan.

Le tableau La Descente de la Croix peint par Fra Angelico illustre un moment biblique crucial : la descente du corps de Jésus de la croix après sa crucifixion. Ce tableau met en lumière les personnages qui assistent à cette scène dramatique, notamment les disciples, les femmes et les hommes impliqués dans l'enterrement de Jésus.
Le groupe d'hommes à droite représente la Passion de Jésus, symbolisant sa souffrance et son sacrifice. Le groupe de femmes à gauche est lié à la Résurrection, représentant l’espérance et la vie après la mort. Cette séparation souligne la transition entre la souffrance et la promesse de la vie éternelle.
Fra Angelico illustre la théologie chrétienne de la Rédemption : la mort de Jésus sur la croix est à la fois une fin tragique et un commencement. Il montre que la souffrance de Jésus ouvre la voie à la vie éternelle. La scène de la crucifixion est symboliquement liée à la résurrection, en apportant la promesse de la vie nouvelle à travers le sacrifice.
Fra Angelico s’éloigne des représentations traditionnelles de la crucifixion en choisissant de représenter l'instant qui suit la mort de Jésus, en se concentrant sur l'impact émotionnel du moment plutôt que sur la souffrance physique de la crucifixion. Le paysage lumineux et les personnages en prière invitent à la réflexion sur le mystère de la Rédemption.
Malgré la scène dramatique de la crucifixion, Fra Angelico représente un jardin verdoyant, vibrant de vie. Le rouge des vêtements et de l’arrière-plan rappelle la souffrance de Jésus, mais le tableau respire aussi la renaissance symbolisée par le printemps. Cela reflète la croyance chrétienne que la mort de Jésus apporte la vie éternelle.