Souffrance et malheur dans la Bible : le cri de Job face au mal

La Bible ne méconnaît pas la réalité du mal et de la souffrance des hommes. Quel est le sens de la souffrance et du malheur ? Dieu est-il insensible au mal ?

2 minutes 10 secondes (c'est pas marrant mais c'est très très court) avec U2, Georges de La Tour et Léon Chestov.
Dernière mise à jour -  
16/10/2020

Quand Bono de U2 chante sa douleur à la manière du Livre de Job

Le titre Ultraviolet, Light my way de U2 s'adresse à une femme mais reprend la thématique du livre de Job dont il s'inspire : un homme dans l'obscurité se souvient des jours lumineux d'autrefois. De toute façon, avec Bono, c'est toujours très, très bon !

Le texte biblique qui nous fait écouter le cri de douleur de Job, accablé de malheur et de souffrance

Au début du livre de Job, Dieu autorise Satan à l'éprouver. Rien d'étonnant que Job s'en trouve mal en point. Il entonne alors sa complainte. Pas forcément facile à lire.

Dieu m’a enfermé chez le pervers il m’a livré entre les mains des impies.

Moi qui étais autrefois dans l'opulence j'ai été soudain détruit,

il a saisi ma nuque m'a brisé et m'a établi comme une cible,

ses lances m'encerclent,

il transperce mes reins sans m'épargner,

il répand à terre mes entrailles,

il m'inflige blessure sur blessure,

il se rue sur moi comme un géant.

J’ai cousu un sac sur ma peau et couvert ma corne de poussière.

Mon visage est gonflé par les pleurs mes paupières s'obscurcissent.

J'ai souffert cela sans injustice dans mes mains lorsque j'adressais à Dieu des prières pures.

Chapitre 16, versets 11 à 18 du Livre de Job dans l'Ancien Testament. Traduit de l'hébreu par les équipes du programme de recherche La Bible En Ses Traditions.

L'éclairage

La Bible ne passe pas sous silence la question du mal

Le livre de Job est un livre très dur à lire. On y voit un homme immensément riche, très pieux, fidèle à Dieu, père d’une grande et belle famille, perdre tous ses biens, chacun de ses enfants, et même la santé — jusqu’à gratter ses plaies avec des tessons de bouteille. On ne souhaite pareille déchéance à personne.

Job finit par faire un procès à Dieu et accuse ce dernier de la souffrance qu'il endure. Il témoigne au coeur de l’Écriture de l’importance du mal dans la vie humaine. Il cherche à rendre Dieu responsable de ce mal. Cette attitude, qui est souvent la première réaction de ceux qui souffrent, découle en fait d’une situation théologique très profonde.

Job nu vieillesse maigreur grotte barbe regard Bonnat
Léon Bonnat (1833-1922), Job (huile sur toile, 1880), Musée d'Orsay, Paris, France.
Domaine public © Wikimedia commons→

Polythéisme vs monothéisme

Dans le Proche-Orient ancien, le monothéisme n’est pas majoritaire : le contexte est majoritairement polythéiste. L'expérience du mal y semble plus simple à traverser : quand tout va mal, on s’adresse à un dieu particulier pour qu’il retire ce mal. Ou alors, si l’on croit aux démons, on fait appel à la magie et à la superstition pour soumettre les puissances maléfiques qui nous assaillent.

Mais quand on a foi en un seul Dieu, à qui s’adresser ?

Qui peut-on rendre responsable de cette situation ?

Job croit, il a la foi, puisqu’il continue de s’adresser à Dieu, même s’il maugrée contre lui. Mais il porte en lui toutes les questions de l’humanité, tout son désarroi, toute sa colère face à ce mystère du mal.

Un de ses amis l'accusera carrément de blasphème, tant il vitupère contre Dieu. Et de fait, Job ira jusqu'à mettre Dieu en demeure de lui répondre : « à Dieu de me répondre ! » (Job 31,35). Dieu, en effet, finira par lui répondre, avec force, humour et tendresse.

On vous laisse découvrir : ce livre, véritable chef-d'œuvre biblique, vaut vraiment la peine d'être lu.

Job femme robe rouge lueur bougie nu maigreur souffrance de La Tour
Georges de La Tour (1593-1652), Job raillé par sa femme (huile sur toile, ca. 1625-1650), Musée départemental d'art ancien et contemporain→, Épinal, France. © Domaine public

Le mot de la fin

« Le livre [de Job] entier est un combat ininterrompu entre les « cris » du très-affligé Job et les « réflexions » de ses amis rationnels. […] « Mais je veux parler au Tout Puissant, je veux plaider ma cause devant Dieu » (13:3). Les amis sont horrifiés des paroles de Job : ils sont convaincus qu'il n'est pas possible de parler avec Dieu, et que le Tout Puissant est soucieux de la fermeté de Son pouvoir et l'immuabilité de Ses lois, mais pas du destin des gens créés par Lui. Peut-être sont-ils convaincus qu'en général, Dieu ne connaît aucun souci mais qu'Il ne fait que régner ? »

Léon Chestov, « Spéculation et apocalypse » (1927) dans Léon Chestov, Spéculation et révélation, traduction S. Luneau, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1981

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